NGCC Hudson

Navires de recherche


NGCC Hudson

Le NGCC Hudson est le plus connu des navires scientifiques du Canada. Lancé en 1962 et mis en service en 1964, il reste très utile à la science, après 47 ans de navigation en haute mer. Dans les années 1960, les preuves de la dérive des continents se font plus nombreuses dans le monde entier. Les levés géophysiques détaillés de la ride médio-atlantique effectués lors de cinq missions du Hudson contribuent pour beaucoup à accroître les connaissances à ce sujet. Plus tard dans cette même décennie, c'est aussi à partir du Hudson qu'est réalisé le relevé océanographique hivernal le plus détaillé jamais effectué dans la mer du Labrador.

Il représente la première d'une série d'études destinées à comprendre le courant du Labrador et le brassage des eaux profondes qui se produit pendant les hivers rigoureux. L'année suivante, soit en 1967, le Hudson effectue le premier levé océanographique hivernal du détroit danois, comprenant les premières mesures des courants. Après sa mission dans le détroit danois, le Hudson est repeint et équipé pour l'inauguration d'EXPO 67, à Montréal, marquant le centenaire du Canada. La décennie se termine par la mission de onze mois « Hudson 70 », la toute première circumnavigation de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud. Des scientifiques de nombreux pays y participent et recueillent de précieuses données de chimie dans l'Atlantique, de physique dans les fjords du Chili, de gravité dans le Pacifique et de géophysique en Arctique.

Au cours de sa vie, le Hudson a accueilli des centaines de scientifiques qui ont réalisé des études océanographiques dans les eaux de l'est du Canada. À la fin des années 1970, il sert à effectuer le premier relevé axé sur la chimie de la baie de Baffin. Les années 1980 et 1990 sont marquées par de grands relevés réalisés dans le cadre de programmes internationaux comme l'Étude conjointe sur les flux océniques mondiaux (JOGOFS) et l'Expérience sur la circulation océnique mondiale (WOCE). Au cours d'une mission scientifique, on peut toujours être appelé à effectuer une opération de recherche et de sauvetage.

Une des plus heureuses est le sauvetage de tout l'équipage du Cape Freels, qui a abandonné son navire en flammes à 2 h du matin. Le Hudson repère l'équipage en radeaux de sauvetage juste à la tombée du jour le 12 mars 1976. Quatre heures plus tard, des vents de 80 noeuds font rage, avec des pointes à 100 noeuds. Dans ces conditions, aucun des membres d'équipage n'aurait survécu. À l'arrivée dans le port de St. John's, l'opérateur radio à terre parle du « grand navire blanc » et de la « plus grande opération de sauvetage en mer de l'histoire de Terre-Neuve ». La récupération de cinq corps après la terrible perte de 82 hommes dans le désastre de l'Ocean Ranger, le jour de la Saint-Valentin 1982, reste sans doute une des plus tristes missions du Hudson. Aujourd'hui, après plus de 47 ans de fiers services aux scientifiques canadiens et internationaux, le NGCC Hudson demeure un atout précieux. Ce navire polyvalent de recherche multidisciplinaire passe plus de 200 jours par an en mer à effectuer des levés océanographiques, géologiques et hydrographiques.