La recherche sur les facteurs qui menacent le saumon de l’Atlantique en mer

Le faible taux de survie en mer du saumon de l’Atlantique adulte est largement considéré comme le principal facteur causant la diminution des populations et empêchant leur rétablissement. La recherche visant à déterminer les sources précises de la mortalité en mer est complexe parce que le saumon fréquente de vastes habitats marins et que les facteurs susceptibles de le menacer sont nombreux et variés. La difficulté est d’autant plus grande qu’il n’y a pas beaucoup de saumon adulte de disponible pour la recherche, car de nombreuses populations ont fortement diminué dans la région des Maritimes.

C’est pourquoi l’Unité de recherche sur les menaces en mer se concentre sur les nombreux dangers qui guettent les saumoneaux dans les rivières et les estuaires, notamment les prédateurs, la dégradation de l’habitat ainsi que les problèmes de croissance, de santé ou de vigueur physique qui réduisent les chances de survie en mer. Il est plus probable que l’on puisse augmenter ces chances en cherchant des solutions réalistes pouvant remédier aux facteurs présents dans les rivières, les estuaires et les milieux marins à proximité des côtes qu’en essayant de s’attaquer aux problèmes issus des lointains habitats en haute mer.

fig 1 - Carte montrant la rivière Nashwaak, au Nouveau-Brunswick, et les rivières Gaspereau et Stewiacke, en Nouvelle-Écosse.
Carte montrant la rivière Nashwaak, au Nouveau-Brunswick, et les rivières Gaspereau et Stewiacke, en Nouvelle-Écosse.

Les études sur la migration et la survie des saumoneaux

Une nouvelle technologie acoustique permet aux scientifiques d’être mieux outillés pour suivre la migration des saumoneaux de l’Atlantique et pour déterminer quand ces derniers deviennent la proie d’un prédateur.

Les saumoneaux de l’Atlantique de la population en voie de disparition de l’intérieur de la baie de Fundy sont capturés dans des pièges à saumoneaux et des passes migratoires lorsqu’ils descendent les rivières Stewiacke et Gaspereau, en Nouvelle-Écosse, pour leur migration océanique, qui se limite principalement à la baie de Fundy. On leur implante chirurgicalement un émetteur acoustique dont le signal peut être détecté lorsque le saumoneau passe à proximité d’un récepteur placé dans la rivière, l’estuaire ou la baie de Fundy. Cela permet aux chercheurs de suivre le parcours des saumoneaux au fil du temps, lorsqu’ils migrent des rivières aux estuaires, puis au-delà. De plus, ils peuvent savoir qu’un saumoneau est dévoré par un prédateur, car l’émetteur acoustique produit un signal numérique particulier qui change lorsque la colle servant à fixer l’émetteur au saumoneau se décompose dans l’estomac du prédateur. Auparavant, les chercheurs considéraient qu’un saumoneau avait été dévoré par un prédateur lorsque les déplacements de l’émetteur devenaient erratiques et n’étaient plus typiques d’un saumoneau.

Pendant leur dévalaison dans la rivière Stewiacke, les saumoneaux de l’Atlantique rencontrent de nombreux prédateurs, comme les bars rayés présents en abondance dans leurs frayères des tronçons de rivière exposés aux marées et comme d’autres espèces (envahissantes ou introduites) dans les tronçons d’eau douce en amont, par exemple, le brochet maillé, l’achigan à petite bouche et la truite brune. Dans la rivière Gaspereau, les saumoneaux étudiés doivent traverser des installations hydroélectriques, comme des barrages et des dérivations, pour atteindre le bassin des Mines.

En ce qui concerne la population de saumon de l’Atlantique de l’extérieur de la baie de Fundy, on étudie actuellement la migration et le taux de survie des saumoneaux de la rivière Nashwaak, qui fait partie du bassin hydrographique du fleuve Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Selon des recherches antérieures, une plus grande proportion de saumoneaux de cette population meurt en dévalaison dans la rivière et l’estuaire, par rapport à d’autres populations. Les chercheurs s’efforcent actuellement de délimiter avec plus de précision les zones de forte mortalité et d’en trouver les causes exactes.

Les saumoneaux de l’extérieur de la baie de Fundy ont tendance à avoir une plus grande aire de répartition dans l’océan, hors de cette baie. Certains saumoneaux portant un émetteur ont été détectés aussi loin que dans le détroit de Cabot, entre l’île du Cap-Breton et Terre-Neuve.

Ces travaux de recherche sont en grande partie le fruit d’une collaboration avec d’autres chercheurs du Ministère qui étudient le saumon ainsi qu’avec le Mi’Kmaw Conservation Group, le Réseau de suivi des océans, Vemco et les universités Dalhousie et Acadia.

Consultez le site Web du ministère des Pêches et des Océans pour obtenir de plus amples renseignements sur les populations de saumon de l’Atlantique de la région des Maritimes.

fig 2 - On capture les saumoneaux de l’Atlantique dans un piège rotatif pour obtenir des données biologiques et pour les marquer.
On capture les saumoneaux de l’Atlantique dans un piège rotatif pour obtenir des données biologiques et pour les marquer.
fig 3 - Un émetteur acoustique est inséré dans un saumoneau de l’Atlantique qui, une fois relâché, émettra un signal pouvant être capté par des récepteurs dans la rivière et l’estuaire. Les chercheurs peuvent ainsi suivre le parcours migratoire des saumoneaux et déterminer leur taux de survie.
Un émetteur acoustique est inséré dans un saumoneau de l’Atlantique qui, une fois relâché, émettra un signal pouvant être capté par des récepteurs dans la rivière et l’estuaire. Les chercheurs peuvent ainsi suivre le parcours migratoire des saumoneaux et déterminer leur taux de survie.
fig 4 - Des récepteurs sont placés un peu partout dans la rivière et l’estuaire pour suivre la migration des saumoneaux.
Des récepteurs sont placés un peu partout dans la rivière et l’estuaire pour suivre la migration des saumoneaux.